Teenage Riot est le roman “jeunesse” (comprendre 15-25 ans) sur lequel j’ai fini d’apporter les dernières modifications. Afin de faire découvrir l’envers du décor du processus d’écriture de cette romance adolescente, je partage mes sources d’inspiration. Ou comment une chanson, une photo, un souvenir, un endroit, etc. permettent aux mots de s’agencer les uns avec les autres pour créer des personnages, une histoire et des émotions…

Avec le dernier article consacré à Cyrille, j’en ai fini avec la présentation des personnages. Enfin presque. D’une part, je n’ai présenté que les personnages qui évoluent dans l’environnement direct du protagoniste au cours des deux premiers chapitres (il y en a bien évidemment plus !). D’autre part, le plaisir de la lecture vient de la découverte. Mais “presque” parce qu’aujourd’hui encore, ce post est à un autre personnage. Un adulte.

Voilà une heureuse opportunité pour s’intéresser à un cas d’école des histoires pour adolescents, notamment au cinéma. En effet, cela risque d’être surprenant mais d’un point de vue français, la vision d’une histoire adolescente diverge franchement de ce que l’on fait outre-atlantique. Aux USA/Japon, la majorité des histoires dont le héros est un adolescent se concentre sur des tensions horizontales, c’est-à-dire entre adolescents. En France, la majorité des histoires dont le héros est un adolescent se concentre sur des tensions verticales, c’est-à-dire avec l’autorité (parentale, scolaire, etc.). Ce qui ne veut pas dire que l’un exclu l’autre, mais si vous regardez où est placé le curseur vertical/horizontal, vous pourrez constater que globalement l’analyse est correcte. Et c’est essentiellement dû à l’environnement culturel : en France, défier l’autorité est quelque chose de finalement assez naturel. Ce n’est pas Pascal le Grand Frère qui dira le contraire… En dehors de toute notion de respect, le Français possède ce côté rebelle insatisfait qui le pousse à toujours tout remettre en question (ce qui explique à la fois la facilité que l’on a à maugréer sur son patron/Président/prof/etc. autant que ce penchant pour les sciences et la philosophie hérité du Siècle des Lumière). Dans d’autres pays, l’impact historique et culturel est moindre et les valeurs se sont forgées sur autre chose, notamment la liberté compétitive aux Etats-Unis ou le respect des anciens en Asie.

Bref, tout ça pour dire qu’en tant que Français, ma première idée aurait dû être de mettre mes adolescents dans des situations conflictuelles avec leurs autorités respectives, comme les parents ou les profs. Sauf que cela ne m’intéressait pas. Et puis, très honnêtement, je ne suis pas sûr que cela intéresse plus que ça le lecteur adolescent. Teenage Riot est donc essentiellement une histoire de tensions horizontales entre lycéens.

L’adulte n’est pas considéré comme une source d’obstacles mais comme une source d’évolutions (même si effectivement, du point de vue adolescent, il ne lui facilite pas vraiment la vie…). Et parmi mes adultes, le plus important pour catapulter l’histoire est le proviseur de l’établissement. L’autorité suprême que 99.9% des lycéens ne rencontrent jamais durant toute leur scolarité. Au lycée, je n’ai rencontré le mien que durant un entretien avant la Seconde, pour je ne sais plus quelle raison… Ma mère voulait sûrement s’assurer que je ne finirais dans un lycée de hippies ou un truc du genre.

Le proviseur en question était pour le moins sans intérêt, sa seule caractéristique physique attrayante étant un embonpoint forcé et une des ces mèches ridicules rabattues sur le front pour faire croire que la calvitie n’a pas encore gagné la guerre. J’ai toutefois récupéré certains éléments de son bureau trop petit.

La direction de mon établissement est revenu à une quadragénaire élancée, très BCBG élégante et surtout très Judge “La Loi, c’est Moi” Dredd. La fierté de son établissement passe avant toute chose, ce qui lui donne un côté très froid et calculateur. Ajoutons des vêtements stricts et une tendance catho-facho afin de pousser un tout petit plus le personnage vers le cliché de la “control-freak”. En terme japonais, ce serait clairement une tsundere.

Ma référence pour elle était Susan Sullivan (Dharma & Greg) :

Pour ses vêtements, je voulais quelque chose d’à la fois classe mais aussi un peu sexy de manière à souligner ses courbes et un potentiel sexuel assumé (chose que ne manquera pas de remarquer Louis). Dans sa première version, elle portait des Louboutins pour ajouter une touche classe excentrique à sa tenue stricte. Une beta-lectrice m’a fait remarquer qu’un salaire de proviseur limitait sérieusement ce genre d’excentricité…

Donc imaginez ça…

Avec ce genre de jupes (2-3cm plus longue)…

Et ce genre de chaussures…

Comme quoi des fois, écrivain, c’est aussi un peu Dessinons la Mode

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